Les débats sur la nouvelle demande de remise en liberté sous caution de Maminiaina « Mamy » Ravatomanga se sont poursuivis ce lundi 17 août 2026 devant la Bail and Remand Court.

La Financial Crimes Commission (FCC) s’oppose à cette nouvelle demande. Pour défendre la position de la commission, Paramhans Alleear, Acting Director of Investigations à la FCC, a été appelé à la barre.
La commission évoque notamment des risques de fuite. Elle craint également une éventuelle interférence avec des témoins ou une manipulation de preuves.
Cinq volets au cœur de l’enquête de la FCC
Lors de son témoignage, Paramhans Alleear a présenté les principaux volets de l’enquête visant l’homme d’affaires malgache.
Le premier concerne la vente de cinq Boeing 777 destinés à l’Iran. Ce dossier fait déjà l’objet d’investigations à Maurice et à Madagascar. La FCC s’intéresse notamment aux mouvements financiers liés à cette opération. (lexpress.mu)
Le deuxième volet porte sur l’exportation de litchis.
Le troisième concerne l’importation de blé et le commerce de farine. La FCC avait déjà indiqué que ce secteur faisait partie des axes de son enquête sur Mamy Ravatomanga. (lexpress.mu)
Le quatrième volet concerne la construction d’une autoroute à Antananarivo, dans le cadre du « Samcrete Project ».
Enfin, le cinquième dossier porte sur le « Madarail Project ».
La FCC évoque des éléments jugés solides
Selon le témoignage présenté devant la Bail and Remand Court, la FCC estime disposer d’éléments importants dans son enquête.
L’analyse des téléphones portables de Mamy Ravatomanga et de Jean Christian David Thomas, également arrêté dans cette affaire, aurait notamment permis aux enquêteurs d’identifier des échanges de messages et des appels.
Ces éléments feraient référence à une rencontre entre les deux hommes, selon le témoignage de Paramhans Alleear.
L’enquêteur aurait également affirmé que Mamy Ravatomanga aurait demandé à son épouse d’effacer certains messages.
Ces éléments sont présentés par la FCC dans le cadre de son opposition à la remise en liberté sous caution. Ils devront toutefois être examinés dans le cadre de la procédure judiciaire.
Des communications depuis la prison évoquées
La FCC affirme également que Mamy Ravatomanga serait resté en contact avec des personnes se trouvant à l’étranger alors qu’il était détenu à la prison de Melrose.
Pour la commission, ces éléments renforcent les inquiétudes concernant le risque d’interférence avec l’enquête.
La FCC invoque ainsi plusieurs motifs pour s’opposer à la remise en liberté de l’homme d’affaires malgache.
Le contre-interrogatoire se poursuit mardi
Le contre-interrogatoire de Paramhans Alleear par Me Khushal Lobine, avocat de Mamy Ravatomanga, doit se poursuivre ce mardi 18 août 2026.
Les débats auront lieu devant le magistrat Mohammad Ilfaaz Farook Nathire.
La défense aura ainsi l’occasion de questionner l’enquêteur de la FCC sur les éléments avancés pour justifier l’opposition à la remise en liberté sous caution.
Trois accusations provisoires
Mamy Ravatomanga a été arrêté par la FCC le 24 octobre 2025.
Il fait actuellement face à deux accusations provisoires de blanchiment d’argent ainsi qu’à une accusation provisoire d’entente délictueuse.
Ces accusations concernent des faits qui auraient été commis les 14 et 24 octobre 2025.
À ce stade, il s’agit d’accusations provisoires. La procédure judiciaire se poursuit et la culpabilité de Mamy Ravatomanga n’a pas été établie par un jugement définitif.
L’affaire reste donc suivie de près par la justice mauricienne, alors que la FCC poursuit ses investigations sur les différents volets du dossier.