Le dossier judiciaire visant GIMS prend une nouvelle ampleur. Le rappeur, de son vrai nom Gandhi Djuna, a été mis en examen en mars 2026 dans le cadre d’une vaste enquête française sur un réseau international de blanchiment d’argent.
Les dernières révélations publiées fin septembre 2026 donnent une nouvelle dimension à cette affaire. Selon des éléments de l’enquête communiqués à l’AFP, les sommes que les enquêteurs soupçonnent d’avoir été blanchies par le réseau dépasseraient désormais un milliard d’euros depuis 2014.
Le dossier ne concerne toutefois pas uniquement GIMS. Les enquêteurs cherchent surtout à comprendre le fonctionnement d’une organisation internationale qui aurait utilisé un vaste réseau de sociétés, de fausses factures et différents circuits financiers pour recycler des fonds.
Plus d’un milliard d’euros au cœur des investigations
Selon les informations de l’AFP publiées le 30 septembre, le réseau aurait blanchi plus d’un milliard d’euros depuis 2014.
Cette estimation est nettement supérieure aux quelque 300 millions d’euros évoqués précédemment pour la période 2019-2025. Le Monde avait notamment rapporté en avril que les enquêteurs avaient identifié, dans leur comptabilité saisie, un montant de 1 067 860 557 euros correspondant aux opérations attribuées au réseau entre 2014 et 2025. (Le Monde.fr)
Les investigations décrivent un système particulièrement vaste. Plus de 2 000 sociétés auraient participé aux différents circuits financiers étudiés.
D’après les éléments de l’enquête, ces entreprises auraient effectué des virements vers plus d’une cinquantaine de sociétés considérées comme des structures de blanchiment. Des fausses factures auraient notamment été utilisées pour donner une apparence légale à certaines opérations financières. (telquel.ma)
Quel serait le rôle de GIMS ?
Les enquêteurs considèrent GIMS comme l’un des bénéficiaires présumés du réseau, parmi de nombreuses autres personnes.
Il est donc important de ne pas présenter le milliard d’euros comme une somme attribuée personnellement au chanteur. L’enquête porte sur l’ensemble du réseau et sur les différents bénéficiaires présumés.
Selon une enquête publiée par Le Monde en avril, près de 8 millions d’euros de flux financiers considérés comme suspects auraient été identifiés entre des sociétés liées à GIMS, son entourage et des structures du réseau. (Le Monde.fr)
Les enquêteurs se sont notamment intéressés à des mouvements financiers intervenus entre 2022 et 2024. Des documents comptables retrouvés lors d’une perquisition auraient également permis aux enquêteurs de suivre certains mouvements entre des sociétés liées à l’artiste et celles du réseau présumé.
Ces éléments sont au cœur des investigations judiciaires et ne constituent pas, à ce stade, une condamnation.
Le projet immobilier de Marrakech également examiné
L’un des autres volets importants du dossier concerne le secteur immobilier au Maroc.
GIMS avait publiquement fait la promotion du Sunset Village, un important projet immobilier situé près de Marrakech. Le projet comprenait notamment des villas et plusieurs infrastructures destinées aux résidents.
Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer l’origine des fonds utilisés dans certaines opérations liées à ce projet et le rôle exact joué par les différents protagonistes.
Le chanteur conteste les accusations portées contre lui. Son implication dans le dossier doit donc être distinguée de celle des personnes que les enquêteurs considèrent comme étant au centre du réseau.
GIMS mis en examen depuis mars
GIMS a été interpellé à son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en mars 2026.
Après environ 48 heures de garde à vue, il a été présenté à un juge d’instruction puis mis en examen, notamment pour « blanchiment aggravé » et « blanchiment en bande organisée ».
Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.
Lors de cette première étape de l’affaire, les autorités évoquaient un système portant sur environ 319 millions d’euros pour la période 2019-2025. Les investigations ont depuis permis aux enquêteurs d’élargir considérablement leur estimation. (Le Monde.fr)
GIMS conteste les faits qui lui sont reprochés et reste présumé innocent.
22 personnes mises en examen
L’enquête a également continué à progresser depuis la mise en examen du chanteur.
Selon les informations rapportées le 30 septembre par l’AFP, 22 personnes sont désormais mises en examen dans cette procédure.
Parmi les personnes visées figurent plusieurs protagonistes soupçonnés d’avoir joué différents rôles dans le fonctionnement du réseau.
Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer qui organisait le système, qui facilitait les opérations financières et qui bénéficiait des fonds.
En septembre, une nouvelle mise en examen a notamment concerné un homme soupçonné d’avoir collecté des millions d’euros en Belgique et aux Pays-Bas pour le compte du chef présumé du réseau. Le Parisien rapporte que cet homme aurait récupéré environ 24 millions d’euros. (leparisien.fr)
Un réseau organisé autour de milliers de sociétés
Selon les éléments communiqués par l’enquête, le système reposait sur plusieurs niveaux.
Des sociétés disposant d’une activité économique auraient transféré de l’argent vers des sociétés dites « blanchisseuses ». Ces dernières auraient ensuite utilisé de fausses factures et différents comptes bancaires afin de faire circuler les fonds.
Une partie des opérations aurait également impliqué des sociétés installées dans plusieurs pays.
Les enquêteurs cherchent désormais à reconstituer l’ensemble de ces circuits afin d’identifier les organisateurs, les intermédiaires et les bénéficiaires présumés.
L’ampleur du dossier explique pourquoi l’enquête dépasse largement le cas de GIMS.
Plusieurs concerts annulés ces dernières semaines
Parallèlement à cette affaire judiciaire, GIMS a récemment annulé plusieurs prestations pour des raisons de santé.
Début septembre, son équipe avait annoncé son absence au ZEvent 2026, où il devait participer au concert d’ouverture. Le rappeur avait également annulé sa prestation prévue au Beachclub au Québec. (OndeC Media)
Plus récemment, GIMS devait se produire à La Réunion le vendredi 2 octobre 2026, aux côtés notamment de Shenseea et Tayc.
Mais le 2 octobre, l’organisateur Overseas Production a annoncé que l’artiste ne pourrait finalement pas monter sur scène pour des raisons de santé. Le concert a néanmoins été maintenu avec les autres artistes programmés. (Free Dom)
Une prestation également prévue à Maurice
GIMS devait ensuite se rendre à Maurice le samedi 3 octobre 2026 pour un concert au Tribeca, à Trianon.
La programmation annoncée réunissait GIMS, Shenseea et Tayc, avec également Tii Alexandre et T-Matt. La billetterie Ticketbox indiquait toujours cette date comme événement prévu le 3 octobre, de 19 heures à 1 heure du matin. (Ticketbox)
À ce stade, il faut toutefois distinguer les deux informations : l’annulation de sa prestation à La Réunion est confirmée, tandis qu’une confirmation officielle d’une annulation de sa prestation à Maurice.
Cette précision est importante alors que plusieurs annulations récentes de GIMS ont été annoncées pour des raisons de santé.
Une affaire judiciaire toujours en cours
L’enquête française se poursuit donc sur plusieurs fronts.
Les magistrats et enquêteurs cherchent à comprendre comment ce réseau aurait pu fonctionner à une telle échelle, avec plus de 2 000 sociétés, des dizaines de structures utilisées pour les opérations financières et des flux dépassant, selon les estimations actuelles des enquêteurs, un milliard d’euros sur plusieurs années.
Le dossier doit également permettre de déterminer le rôle précis de chaque personne mise en examen.
Pour GIMS, la procédure judiciaire reste en cours. Sa mise en examen ne constitue pas une déclaration de culpabilité et l’artiste bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice.