Le président de la République par intérim, Jean Yvan Robert Hungley, a souligné que la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos implique également des responsabilités envers la communauté chagossienne, l’environnement et les générations futures.
Il intervenait lors d’un colloque organisé jeudi 1er octobre au Municipal City Council de Port-Louis par la Middle Temple Association (Mauritius). Intitulé « Mauritius’ Sovereignty over the Chagos Archipelago: Where do we stand? », cet événement a permis d’aborder les dimensions historiques, constitutionnelles, juridiques, diplomatiques et géopolitiques de la question des Chagos.
Le Junior Minister des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, Hambyrajen Narsinghen, ainsi que plusieurs personnalités étaient également présents.

La souveraineté au-delà de la question juridique
Jean Yvan Robert Hungley a relevé que la question des Chagos est fondamentalement juridique, mais qu’elle touche également à la décolonisation, aux droits des personnes, à la protection de l’environnement et à la manière dont Maurice entend exercer sa souveraineté.
Il a également évoqué l’accord signé le 22 mai 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni. Cet accord prévoit notamment la reconnaissance par le Royaume-Uni de la souveraineté mauricienne sur l’ensemble de l’archipel des Chagos, y compris Diego Garcia. Sa mise en œuvre reste toutefois liée à son processus de ratification.
Le président par intérim a ainsi estimé que l’un des principaux enjeux consiste désormais à réfléchir à l’exercice concret de cette souveraineté.

La place de la communauté chagossienne
Sur le volet humain, Jean Yvan Robert Hungley a insisté sur la nécessité d’accorder une place significative aux Chagossiens dans les décisions concernant leur avenir.
Selon lui, la question d’une éventuelle réinstallation ne se limite pas au retour sur les îles. Elle implique également des infrastructures et des services essentiels, notamment le logement, la santé, l’éducation, le transport, les moyens de subsistance ainsi que la préservation du patrimoine culturel et de la langue.
La participation de la communauté chagossienne aux discussions concernant l’avenir de l’archipel figure également parmi les questions mises en avant par les autorités mauriciennes ces dernières années.
L’environnement au cœur des responsabilités
Le président de la République par intérim a aussi mis l’accent sur les responsabilités environnementales qui accompagneraient l’exercice de la souveraineté.
Il a évoqué la nécessité pour Maurice de renforcer ses capacités dans plusieurs domaines, notamment les sciences marines, la gestion environnementale, la surveillance maritime et la gouvernance des ressources halieutiques.
Maurice travaille par ailleurs sur la mise en place d’une Chagos Archipelago Marine Protected Area (CAMPA), destinée à renforcer la protection de l’environnement marin et terrestre de l’archipel.
Les décisions de la CIJ et de l’ITLOS évoquées
Le colloque a également permis de revenir sur les développements juridiques liés aux Chagos, notamment l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) en 2019 et les procédures engagées devant le Tribunal international du droit de la mer (ITLOS).
Dans son jugement de 2021 concernant les objections préliminaires dans l’affaire Maurice-Maldives, la Chambre spéciale de l’ITLOS a examiné les conséquences juridiques de l’avis de la CIJ sur le statut de l’archipel. Le Tribunal a ensuite rendu, en 2023, un jugement établissant la frontière maritime entre Maurice et les Maldives dans la région.
Lors du colloque, le Legal Adviser Dheerendra Kumar Dabee a également présenté plusieurs thèmes, dont le droit international et l’intégrité territoriale, le droit à l’autodétermination, l’avis consultatif de la CIJ, la stratégie juridique de Maurice devant l’ITLOS ainsi que les limites du droit international.
Pour Jean Yvan Robert Hungley, l’exercice de la souveraineté sur les Chagos ne constitue donc pas uniquement une question de territoire. Il implique également des responsabilités envers la population chagossienne, la protection de l’environnement et les générations futures.
source Gis