Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique de transformation locale de ses ressources minières. Le président de la Transition, Ibrahim Traoré, a inauguré le 28 septembre 2026 la première raffinerie d’or du pays, présentée par les autorités comme un projet majeur en faveur de la souveraineté économique.
Baptisée RAFFINOR-BF, l’infrastructure dispose, dans sa première phase, d’une capacité théorique de production de 164 tonnes d’or par an. Une deuxième phase prévoit de porter cette capacité à 515 tonnes par an, selon les autorités burkinabè.
Le projet représente un investissement d’environ 11 milliards de francs CFA. Il doit permettre au Burkina Faso de transformer une plus grande partie de son or sur son propre territoire, plutôt que de l’exporter principalement sous une forme nécessitant ensuite des opérations de transformation à l’étranger.

Une volonté de renforcer la souveraineté économique
L’or occupe une place importante dans l’économie burkinabè. Selon les données rapportées par l’Associated Press, le pays a produit environ 94 tonnes d’or l’année précédente.
Avec cette nouvelle raffinerie, les autorités souhaitent donc renforcer le contrôle national sur la chaîne de valeur du métal précieux. L’objectif affiché est notamment de mieux valoriser les ressources minières du pays et d’accroître les retombées économiques liées à leur exploitation.
Le gouvernement burkinabè présente également RAFFINOR-BF comme un outil destiné à renforcer la traçabilité et la maîtrise du secteur aurifère.
Ibrahim Traoré mise sur les ressources naturelles
Arrivé au pouvoir en 2022, Ibrahim Traoré a fait de la souveraineté économique et du contrôle des ressources naturelles des axes importants de sa politique.
Cette orientation s’accompagne d’une volonté de réduire la dépendance du Burkina Faso à l’égard de partenaires et d’entreprises étrangères dans plusieurs secteurs stratégiques.
La raffinerie s’inscrit dans cette politique. En développant les capacités nationales de transformation, Ouagadougou cherche à conserver davantage de valeur ajoutée sur son territoire.
Les autorités annoncent également des retombées en matière d’emploi, avec 100 emplois directs et environ 5 000 emplois indirects liés au projet, selon les chiffres officiels.

Une nouvelle étape pour le secteur de l’or
Avec une capacité initiale supérieure à la production annuelle récente du pays, la raffinerie dispose d’une marge importante pour traiter la production nationale et potentiellement une partie de l’or provenant de la sous-région.
La mise en service de RAFFINOR-BF marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie du Burkina Faso visant à développer localement la transformation de ses ressources naturelles.
Le gouvernement burkinabè entend désormais renforcer cette politique afin que l’exploitation de l’or contribue davantage au développement économique du pays.