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Esclavage : près de 4 millions de documents sur les personnes réduites en esclavage désormais accessibles en ligne

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Près de 4 millions de documents sur des personnes réduites en esclavage sont désormais accessibles en ligne. Maurice figure parmi les anciennes colonies britanniques concernées par cette importante collection historique.

Une nouvelle archive numérique permet de rechercher des documents sur l’esclavage dans 20 anciennes colonies britanniques. La collection contient exactement 3 959 833 documents, selon les données actuellement affichées par Ancestry. (Ancestry)

Cette collection porte le nom de Former British Colonies Enslavement Registers. Elle couvre principalement la période 1813-1840.

Le projet réunit Ancestry et le Centre for the Study of the Legacies of British Slavery de l’University College London (UCL). Il s’appuie sur les archives de la série T71 conservées aux Archives nationales britanniques. (The Guardian)

Maurice figure parmi les territoires concernés

Maurice apparaît dans cette vaste collection historique.

Les archives concernent notamment les Bahamas, la Barbade, la Jamaïque, Maurice, le Cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud et Trinité-et-Tobago. Elles permettent ainsi de mieux documenter une période importante de l’histoire de ces territoires. (The Guardian)

Pour Maurice, ces documents peuvent présenter un intérêt particulier pour les chercheurs et les familles qui souhaitent retrouver des informations sur leurs ancêtres.

En effet, les registres contiennent plusieurs types d’informations. On y trouve notamment des noms, des âges, des descriptions physiques et des liens familiaux. Certains documents mentionnent aussi les naissances, les décès ou les changements de propriétaire. (The Guardian)

Des archives qui permettent de retrouver des familles

Ces documents ne racontent pas seulement une histoire générale de l’esclavage.

Ils permettent aussi de retrouver des personnes individuellement.

Dans certains cas, les registres donnent des informations très précises. Ils peuvent notamment indiquer l’âge d’une personne, ses relations familiales ou encore son lieu de naissance. Certains documents précisent si une personne était née en Afrique ou dans les Caraïbes. (The Guardian)

Ainsi, une recherche à partir d’un nom peut parfois ouvrir une nouvelle piste généalogique.

Pour les descendants des populations issues de la diaspora africaine, cette possibilité représente un intérêt majeur. Elle peut permettre de rapprocher plusieurs documents et de reconstruire une partie d’une histoire familiale.

Des registres créés par le gouvernement britannique

À l’origine, ces documents n’avaient pas été créés pour raconter l’histoire familiale des personnes réduites en esclavage.

Le gouvernement britannique a mis en place ces registres après l’abolition de la traite transatlantique des esclaves en 1807. L’objectif était notamment de surveiller la population réduite en esclavage et de lutter contre le commerce illégal. (The Guardian)

Les registres ont ensuite conservé des informations sur les personnes concernées.

Aujourd’hui, leur utilisation prend une autre dimension.

Les descendants peuvent désormais consulter ces informations pour rechercher leurs ancêtres et mieux comprendre leur histoire familiale.

Une collection de 300 000 pages

Derrière les près de 4 millions de documents se trouvent environ 300 000 pages d’archives.

Ces pages couvrent les anciennes dépendances coloniales britanniques entre 1813 et 1840. Les documents appartiennent à la série T71 des Archives nationales britanniques. (The Guardian)

La numérisation change donc l’accès à ces archives.

Auparavant, les personnes intéressées par ces documents pouvaient devoir consulter les fonds conservés à Londres. Désormais, une recherche en ligne permet d’explorer une grande partie de la collection.

La collection est accessible gratuitement pour la recherche avec un compte Ancestry. (The Guardian)

L’UCL veut remettre les personnes réduites en esclavage au centre de l’histoire

L’University College London travaille depuis plusieurs années sur les conséquences de l’esclavage britannique.

Son Centre for the Study of the Legacies of British Slavery étudie notamment les liens entre l’esclavage, les propriétaires d’esclaves et les transformations de la société britannique. (University College London)

Le centre souligne aussi l’importance des archives qui permettent de mieux comprendre la vie des personnes réduites en esclavage.

Dans un autre projet appelé Valuable Lives, l’UCL travaille justement à développer une base de données consacrée aux vies des populations noires sous l’esclavage britannique. Le projet cherche à relier les personnes, les familles, les plantations et les descendants. (University College London)

Cette approche permet donc de regarder l’histoire autrement.

Il ne s’agit plus seulement d’étudier les propriétaires ou les institutions. Les chercheurs peuvent aussi chercher à reconstituer les parcours des personnes réduites en esclavage.

Maurice et la mémoire de l’esclavage

À Maurice, cette nouvelle disponibilité des archives peut également contribuer au travail historique sur l’esclavage.

L’UCL rappelle que le Parlement britannique a aboli l’esclavage en 1833 dans plusieurs territoires de l’Empire, dont Maurice, le Cap et les colonies britanniques des Caraïbes. (University College London)

L’université indique également qu’après cette abolition, le Parlement britannique a accordé 20 millions de livres sterling de compensation aux anciens propriétaires d’esclaves. Les contribuables britanniques ont financé cette compensation. (University College London)

Ces informations montrent l’importance économique de l’esclavage dans l’histoire coloniale britannique.

Elles permettent aussi de mieux comprendre pourquoi les archives restent importantes aujourd’hui.

Une nouvelle possibilité pour les descendants

La mise en ligne de ces documents peut désormais faciliter les recherches généalogiques.

Un descendant peut commencer avec un nom. Ensuite, il peut comparer plusieurs documents et rechercher des liens entre différentes générations.

Les chercheurs ont déjà utilisé ce type d’archives pour suivre certaines familles sur plusieurs générations en Jamaïque. Selon le directeur du centre de l’UCL, ce travail permet de retrouver des histoires familiales, communautaires et des parcours de survie sous l’esclavage. (The Guardian)

Cependant, une archive ne raconte jamais toute une histoire.

Les chercheurs doivent comparer les documents avec d’autres sources historiques. Ils doivent aussi tenir compte des limites et du contexte dans lequel les registres ont été produits.

Une archive mondiale pour une histoire qui dépasse Maurice

L’histoire de l’esclavage ne s’est pas arrêtée aux frontières des anciennes colonies.

Les déplacements forcés de populations ont contribué à la formation de communautés issues de la diaspora africaine dans plusieurs régions du monde.

Cette nouvelle collection peut donc intéresser des personnes en Afrique, dans les Caraïbes, en Europe, aux États-Unis et en Amérique latine.

Pour Maurice, elle représente surtout une nouvelle porte vers une partie importante de son passé.

Près de quatre millions de documents sont désormais plus facilement consultables. Derrière ces chiffres se trouvent des noms, des familles et des parcours individuels.

La numérisation de ces archives permet ainsi de rapprocher le passé du présent. Elle donne aussi aux chercheurs et aux descendants de nouveaux outils pour comprendre une histoire qui continue de marquer les sociétés actuelles.