Le dossier des Chagos entre dans une nouvelle phase diplomatique. Le Premier ministre mauricien, Dr Navin Ramgoolam, a réaffirmé la position de Maurice lors d’une rencontre à Londres avec Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre britannique Andy Burnham.
Selon les informations rapportées ces derniers jours, les discussions du vendredi 2 octobre ont principalement porté sur l’avenir de l’accord signé entre Maurice et le Royaume-Uni en mai 2025. Port-Louis réclame désormais sa ratification et sa mise en œuvre conformément aux engagements pris.

Maurice maintient sa position sur la souveraineté des Chagos
L’accord conclu le 22 mai 2025 prévoit la reconnaissance de la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos, tout en permettant au Royaume-Uni et aux États-Unis de maintenir leurs activités militaires sur Diego Garcia dans le cadre prévu par le traité.
La question de la souveraineté reste centrale pour le gouvernement mauricien. Navin Ramgoolam a déjà affirmé que celle-ci n’était pas négociable et que Maurice souhaitait continuer à privilégier le dialogue et la diplomatie.
Mais le gouvernement mauricien souhaite désormais voir avancer concrètement le processus de ratification.
Une menace d’action juridique
À Londres, Navin Ramgoolam aurait également averti que Maurice pourrait envisager de nouvelles démarches judiciaires si le traité n’était pas ratifié dans un délai jugé raisonnable.
Cette possibilité n’est pas nouvelle. En mars 2026, plusieurs médias internationaux avaient déjà rapporté que Maurice envisageait des recours juridiques face aux retards dans la ratification de l’accord.
Reuters – UK court refuses permission for case over UK-Mauritius deal on Chagos Islands
Le Premier ministre mauricien estime ainsi que la voie diplomatique reste privilégiée, mais que Port-Louis dispose également d’autres moyens pour défendre sa position sur le dossier.
Washington au cœur du dossier Diego Garcia
Le dossier a toutefois pris une dimension internationale plus large. L’avenir de l’accord dépend aussi de la position des États-Unis, en raison de l’importance stratégique de la base militaire de Diego Garcia.
Reuters rapportait en septembre que le Premier ministre britannique Andy Burnham voulait travailler avec Maurice et les États-Unis afin de trouver une solution permettant de maintenir le fonctionnement de la base tout en faisant avancer le dossier de souveraineté.
Reuters – British PM Andy Burnham seeks resolution of dispute over Diego Garcia base
Le gouvernement britannique considère en effet Diego Garcia comme un site stratégique majeur pour la sécurité du Royaume-Uni et de ses alliés.
Un accord toujours confronté à l’opposition américaine
Le processus reste compliqué par la position de Donald Trump. Selon des médias internationaux, le président américain s’est opposé à l’accord conclu entre Maurice et le Royaume-Uni, estimant notamment que l’avenir de Diego Garcia devait être examiné en fonction des intérêts stratégiques américains.
Le gouvernement britannique a depuis reconnu la nécessité de poursuivre les discussions avec Washington.
Le Guardian rapportait également en septembre que l’accord sur les Chagos restait suspendu dans un contexte d’opposition américaine. Le journal indiquait que Londres cherchait une solution permettant de préserver le fonctionnement de la base de Diego Garcia tout en avançant sur le dossier avec Maurice.
The Guardian – No signs Chagos deal can be adapted to suit Trump
Londres veut éviter une nouvelle escalade
De son côté, le gouvernement britannique continue d’affirmer qu’il souhaite travailler avec Maurice et les États-Unis.
Le 21 septembre, Andy Burnham avait indiqué que Londres voulait trouver une voie permettant d’assurer le fonctionnement de Diego Garcia tout en protégeant les intérêts de sécurité du Royaume-Uni. Les deux gouvernements avaient convenu de maintenir le contact sur le dossier.
Gouvernement britannique – Entretien entre Andy Burnham et Navin Ramgoolam
Cette position montre que les discussions ne se limitent plus à la relation entre Port-Louis et Londres. Washington reste un acteur déterminant en raison de la présence militaire américaine sur Diego Garcia.
La ratification reste le principal enjeu
L’accord signé en mai 2025 n’est toujours pas pleinement entré en vigueur. La ratification britannique demeure nécessaire avant sa mise en œuvre complète.
La Chambre des communes britannique avait expliqué que le traité prévoit le transfert de la souveraineté des Chagos à Maurice, tout en maintenant des droits britanniques liés au fonctionnement de la base de Diego Garcia.
House of Commons Library – 2025 treaty on the British Indian Ocean Territory/Chagos Archipelago
Le dossier se trouve donc aujourd’hui à un moment sensible. Maurice réclame la ratification de l’accord, Londres cherche une solution avec Port-Louis et Washington, tandis que l’avenir de Diego Garcia reste au centre des discussions.
Pour le gouvernement mauricien, la priorité demeure la reconnaissance et l’exercice de sa souveraineté sur l’archipel. Mais si le processus de ratification devait continuer à se prolonger, Port-Louis a désormais clairement indiqué qu’une nouvelle bataille juridique pourrait être envisagée.