L’avocat Rouben Mooroongapillay a livré une analyse critique des mesures annoncées dans le Budget 2026-2027 concernant l’administration de la justice et le renforcement des institutions chargées de la sécurité publique. Tout en reconnaissant certaines avancées, il estime que plusieurs propositions demeurent insuffisantes pour répondre aux défis réels auxquels sont confrontés quotidiennement les acteurs du secteur judiciaire et les forces de l’ordre.
Selon Maître Rouben Mooroongapillay, la justice constitue l’un des fondements essentiels de l’État de droit, de la paix sociale et de la confiance des citoyens envers les institutions. À ce titre, il considère que les réformes annoncées auraient dû accorder une place plus importante aux problèmes structurels qui affectent le bon fonctionnement des tribunaux.

Parmi les mesures annoncées figure le recrutement de nouveaux court officers ainsi que de personnel administratif et technique. Une initiative qui peut contribuer à renforcer les capacités opérationnelles des tribunaux. Toutefois, l’avocat souligne que la question des ressources humaines ne peut être dissociée des conditions de travail offertes au personnel. Certaines infrastructures judiciaires continuent de présenter des lacunes importantes qui, selon lui, mériteraient une attention prioritaire afin de garantir un environnement de travail digne et adapté.
L’annonce de la création d’une nouvelle cour pénale destinée à accélérer le traitement de certaines affaires est également perçue comme une mesure positive sur le principe. Néanmoins, il s’interroge sur la capacité du système à soutenir cette expansion alors que plusieurs juridictions font déjà face à des contraintes de personnel.
Concernant la modernisation du secteur judiciaire, Maître Rouben Mooroongapillay rappelle que le projet de plateforme numérique e-Judiciary figure depuis plusieurs années parmi les priorités gouvernementales. Il estime que sa mise en œuvre effective pourrait contribuer à améliorer l’efficacité des procédures et à réduire certaines contraintes administratives, tout en regrettant l’absence d’indications précises sur son calendrier de réalisation.
S’agissant de la sécurité publique, l’avocat accueille favorablement les mesures visant à renforcer la lutte contre les crimes financiers, la cybercriminalité, la corruption et le blanchiment d’argent. Les projets liés à la National Crime Agency ainsi que le développement d’outils spécialisés pour les enquêtes numériques témoignent, selon lui, d’une volonté de moderniser les capacités d’investigation du pays.
Cependant, il attire l’attention sur les réalités opérationnelles auxquelles les forces de l’ordre sont confrontées quotidiennement. Il estime qu’au-delà des grandes réformes institutionnelles, un investissement accru dans les équipements de base demeure indispensable. L’accès à des outils technologiques modernes, à des moyens d’enregistrement numérique et à des ressources logistiques adaptées constituerait, selon lui, une étape essentielle pour améliorer l’efficacité du travail d’enquête et répondre aux nouvelles formes de criminalité.
Pour Maître Rouben Mooroongapillay, le Budget 2026-2027 présente plusieurs orientations encourageantes, mais son succès dépendra avant tout de la capacité des autorités à transformer ces annonces en résultats tangibles sur le terrain. Il considère que la modernisation des institutions judiciaires et sécuritaires doit s’accompagner d’améliorations concrètes et durables pour ceux qui assurent leur fonctionnement au quotidien.
On vous laisse le lien du YouTube pour que vous puissiez suivre l’intégralité du budget sur la télévision nationale de l’Île Maurice, bonne lecture.